« Une ligne entraîne l’autre, toujours… je dessine quelque chose qui me donne subitement l’idée de dessiner quelque chose d’autre qui me donne aussitôt l’envie de dessiner, etc. Voyez-vous, je dessine, puis je réfléchis. Pour moi, c’est une activité littéraire, morale. »
Saul Steinberg

11.3.11

L’embarras du choix

La boîte d’intérim a appelé.
Maurice n’a rien compris — déjà quand le téléphone a sonné, car il sonne si peu que Maurice et Léa en oublient qu’ils ont le téléphone, ensuite des propos de la personne (une voix si haut perchée, une articulation qui omet toute liaison) que Maurice se garda de faire répéter. Il retint tout de même « demain 8 heures ». Il dit « d’accord ». On raccrocha (bip !).

Léa : — « Dans la vie de certains commerçants, le téléphone joue un grand rôle. Les coups de force commerciaux exigent en général d’être enclenchés par téléphone. »

Marchand des quatre-saisons, vendeur de vélos, mégissier, professeur de tango ?
Commis chez un monsieur Tobler ? Copiste dans un bureau de Wall Street ? Trader ?

Maurice : — « La simple idée de pouvoir téléphoner le lendemain matin à ce M. Fischer fit renaître des espoirs aux deux hommes, ceux de Tobler et ceux de Joseph. Était-ce possible que l’affaire capote, quand on disposait de tels instruments ? »